Background Material 7 février 2019

L’ÉVALUATION DU RISQUE DE TRAVAIL FORCÉ DANS LE SECTEUR DU CACAO EN CÔTE D’IVOIRE

L’attention portée aux droits humains dans le secteur du cacao d’Afrique de l’Ouest s’est historiquement toujours concentrée sur le travail des enfants, un problème depuis longtemps endémique dans l’industrie. Néanmoins, ces dernières années, la prise de conscience croissante du public et l’intensification de la pression issue des organismes internationaux de règlementation ont entraîné un intérêt plus prononcé pour le risque de travail forcé (souvent appelé « esclavage moderne ») dans le secteur. Une étude statistiquement représentative menée par l’Université de Tulane et la Walk Free Foundation en 2018 a estimé que 0,42 pourcent des adultes travaillant dans l’industrie cacaoyère ont été victimes de travail forcé en Côte d’Ivoire (CDI) entre 2013 et 2017.

L’étude a également montré que 0,17 pourcent des enfants travaillant dans la culture du cacao en CDI ont été contraints de travailler par une personne autre qu’un parent2. Si ces pourcentages sont relativement bas comparés à la population totale, le nombre particulièrement important de personnes impliquées dans la production du cacao dans le pays signifie que les victimes pourraient s’élever à plusieurs milliers. Au vu de la nature cachée de la traite des êtres humains et du travail forcé, il est également possible que ce nombre soit sensiblement supérieur dans les filières isolées du secteur. Il est essentiel que le gouvernement, l’industrie et les acteurs de la société civile impliqués dans le secteur en Côte d’Ivoire comprennent mieux la problématique du travail forcé et qu’ils prennent des mesures pour résoudre les causes fondamentales du problème dès qu’un cas est identifié.

À la fin de l’année 2016, à la demande de la Fondation International Cocoa Initiative (ICI) et de deux de ses membres principaux du secteur privé, les chercheurs de Verité ont réalisé une évaluation rapide visant à étudier la nature des risques de travail forcé dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire. L’étude ne cherchait pas à documenter le niveau général de travail forcé dans le secteur, mais plutôt à identifier et décrire de manière qualitative la nature des indicateurs spécifiques de travail forcé les plus pertinents au contexte ivoirien. La méthodologie de recherche utilisée par Verité s’est appuyée sur la définition de travail forcé et sur les conseils méthodologiques relatifs à la recherche sur le travail forcé proposés par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). L’étude de Verité s’est basée sur le cadre de référence relatif aux indicateurs du travail forcé de l’OIT et a cherché à identifier les facteurs de risques spécifiques de travail forcé subi par les travailleurs du cacao, les métayers et les producteurs propriétaires du pays. L’étude a également exploré les causes fondamentales et les facteurs contextuels qui contribuent à la vulnérabilité au travail forcé dans le secteur du cacao ivoirien. Verité a ensuite utilisé ces conclusions pour développer un ensemble de recommandations destinées aux acteurs clé ainsi que des suggestions d’interventions visant à lutter contre les risques de travail forcé identifiés.

Télécharger l’étude entière (en anglais) ici

Télécharger le résumé de l’étude (en français) ici

Télécharger les recommendations pour répondre au risque de travail forcé dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire (en français) ici

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