Actualités 7 février 2019

Agir contre le travail forcé dans le secteur du cacao : quelles actions entreprendre ?

Cocoa tree with pods

Un nouveau rapport sur les éléments moteurs du travail forcé dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire a identifié les groupes les plus à risque et a mis en évidence les manières dont le gouvernement, le secteur privé et la société civile peuvent prévenir les abus en matière de travail ainsi qu’identifier et venir en aide aux victimes. D’après cette étude, les travailleurs migrants ayant récemment contracté une dette pour assurer leur recrutement sont les populations les plus susceptibles d’être exploitées en tant que travailleurs forcés.

Commandée par la Fondation ICI et ses entreprises membres, l’étude a été menée par Verité, une ONG basée aux États-Unis spécialisée dans l’évaluation et la remédiation du travail forcé et de la traite dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le rapport intègre également les résultats récents d’autres recherches, fournit une réflexion sur le cadre de réglementation en évolution et recommande des actions à mettre en pratique par les différentes parties prenantes afin de lutter contre les risques de travail forcé dans la chaîne d’approvisionnement du cacao.

 « Nous saluons le rapport de Verité et ses recommandations constructives. Cette étude arrive au bon moment et est importante puisqu’elle attire l’attention sur la traite des êtres humains et le travail forcé dans la chaîne d’approvisionnement du cacao, des problèmes de droits humains sérieux mais difficiles à appréhender et qui affectent de nombreux gouvernements et de nombreuses chaînes d’approvisionnement mondiales », a déclaré Joha Braimah, membre du Conseil de la Fondation ICI et directeur de Free the Slaves au Ghana.

Une étude séparée menée en 2018 par la Walk Free Foundation sur la prévalence du travail forcé dans le secteur du cacao estime à environ 2000 enfants en Côte d’Ivoire et 14 000 enfants au Ghana ont été victimes de travail forcé entre 2013 et 2017. De plus, l’étude a révélé qu’environ 3700 adultes au Ghana et presque 10 000 adultes en Côte d’Ivoire ont été victimes de travail forcé durant la même période.

Les résultats de l’étude de la Walk Free Foundation et ceux de l’évaluation de Verité concluent que la pauvreté, la volatilité du prix du cacao, le niveau bas d’éducation, la nature de la production à petite échelle et les lacunes dans le respect des lois sont des facteurs à l’origine du travail forcé.

La Fondation ICI et ses membres considèrent le travail forcé comme un risque réel et localisé dans la chaîne d’approvisionnement du cacao et comme une problématique sérieuse qui mérite une attention particulière et des actions décisives. Les recommandations présentées dans l’étude visent principalement le gouvernement de Côte d’Ivoire et les entreprises du secteur privé en lien avec le chocolat et le cacao, puisqu’ils sont les acteurs principaux responsables de protéger et de respecter les droits des enfants et des travailleurs, selon les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Soutenir les initiatives visant à renforcer les connaissances financières, renforcer le respect des lois, accroître la connaissance des droits des travailleurs et des responsabilités des employeurs, ou encore consolider l’organisation des agriculteurs sont quelques exemples d’actions recommandées dans le rapport.

Sur la base de ces études récentes et en accord avec les volontés et les engagements de ses membres, la Fondation ICI a récemment révisé son plan de travail et sa stratégie pour soutenir des interventions spécifiques qui préviennent, détectent et répondent aux risques de travail forcé.

Ces deux prochaines années, la Fondation ICI révisera et adaptera ses outils existants de suivi de la chaîne d’approvisionnement afin de mieux appréhender les risques de travail forcé dans les zones à haut risque. De plus, la Fondation ICI travaillera avec les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, les communautés et les autorités locales pour créer des mécanismes de griefs adaptés à la nature cachée de potentiels cas d’exploitation liée au travail dans les zones rurales isolées. Afin de prévenir le travail forcé, la Fondation ICI révisera également ses supports de formation et de sensibilisation visant les communautés productrices de cacao et les acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Enfin, la Fondation ICI travaillera avec les services des gouvernements et les ONG spécialisées pour renforcer leur soutien aux travailleurs et aux enfants impliqués ou risquant d’être impliqués dans du travail forcé. Les résultats et les leçons tirés de ces activités seront étudiés sur les plateformes d’apprentissage collectif de la Fondation ICI et partagés publiquement pour guider les actions du secteur entier face à cette problématique essentielle.

« Nous sommes heureux d’avoir pu développer un panel de recommandations pratiques pour que les acteurs pertinents puissent répondre au problème de travail forcé de manière stratégique et ciblée. Nous nous réjouissons de travailler avec la plateforme multipartite de la Fondation ICI afin de promouvoir l’adoption et la mise en place de ces solutions à travers tout le secteur », a annoncé Shawn MacDonald, directeur général de Verité.

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