8 juillet 2021

Améliorer l’efficacité des Systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants

La fondation International Cocoa Initiative (ICI) a publié une nouvelle étude analysant les données des Systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants (SSRTE) de diverses parties prenantes, dans le but d’améliorer leur efficacité à identifier, prévenir et traiter le travail des enfants.

Le rapport analyse les données de plus de 200 000 enfants couverts par 12 SSRTE dans le secteur du cacao en Afrique de l’Ouest. En examinant les différences dans la conception, la mise en place, le fonctionnement et la gestion des systèmes, il traite deux préoccupations :

  1. Quelle est l’efficacité des différents types de systèmes pour identifier les cas de travail des enfants ?
  2. Quelle est leur efficacité à maintenir les enfants hors du travail des enfants et à améliorer leur accès à l’école ?

Les Systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants sont un moyen de cibler l’assistance en matière de prévention, d’atténuation et de remédiation pour les enfants impliqués dans le travail des enfants ou qui y sont exposés, ainsi que pour leurs familles et leurs communautés. Ils sensibilisent au travail des enfants, aux préjudices qui en résultent et identifient les cas par un suivi actif, régulier et répété. Lorsqu’un cas de travail des enfants est identifié, un soutien ciblé peut être apporté en réponse aux besoins spécifiques de l’enfant, de sa famille et de sa communauté. Les enfants continuent à faire l’objet d’un suivi régulier jusqu’à ce qu’ils aient cessé de travailler et qu’ils disposent d’alternatives satisfaisantes.

On estime que les SSRTE couvrent actuellement 450 000 ménages de producteurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana et l’utilisation de ces systèmes pour lutter contre le travail des enfants dans les communautés productrices de cacao est en augmentation. En début d’année, ICI et ses membres se sont engagés à étendre ces systèmes à 540 000 ménages producteurs de cacao d’ici la fin de l’année 2021 dans le cadre de l’Année internationale pour l’abolition du travail des enfants. Ce qui correspond à 30 % de la chaîne d’approvisionnement en Côte d’Ivoire et au Ghana. Cet engagement est une étape vers une ambition beaucoup plus grande de ICI. A savoir, contribuer à ce que 100 % de la chaîne d’approvisionnement en cacao dans ces pays soit couverte d’ici à 2025. Il est donc impératif de s’assurer que ces systèmes sont aussi efficaces et efficients que possible, afin qu’ils puissent être plus facilement étendus.

Les conclusions de ce rapport (Étude sur l’efficacité des systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants dans le secteur du cacao en Afrique de l’Ouest) sont pertinentes pour toute personne qui met en œuvre, crée ou étend un SSRTE dans le secteur du cacao, ou au-delà. Et les recommandations fournissent des moyens concrets d’améliorer l’efficacité et l’efficience des systèmes de prévention et de traitement du travail des enfants.

Qu’avons-nous appris pour améliorer la conception et la mise en place de systèmes d’identification du travail des enfants ?

Il n’est pas toujours facile d’identifier les cas de travail des enfants. Le travail des enfants est un sujet sensible : Les enfants peuvent ne pas être présents lors de la visite d’un contrôleur, les familles ne fournissent pas toujours des informations complètes, la formation, l’expérience et la motivation des contrôleurs peuvent varier considérablement. Cependant, il est important d’identifier autant de cas que possible, afin de pouvoir apporter un soutien à tous ceux qui en ont besoin. Les résultats montrent que :

  • Le travail des enfants dans le cacao se produit tout au long de l’année, mais selon les données du SSRTE, les enfants sont plus exposés à des périodes spécifiques de l’année, suivant le calendrier agricole. Le fait de programmer et d’adapter les campagnes de sensibilisation et les visites de suivi en fonction des schémas saisonniers de certaines tâches dangereuses pourraient améliorer la pertinence des messages et augmenter la probabilité d’identifier les enfants à risque.
  • L’utilisation d’une combinaison de visites de suivi des ménages et de visites des exploitations agricoles augmente la probabilité que les enfants qui travaillent soient identifiés et reçoivent un soutien.
  • Lors du recrutement d’observateurs locaux, il faut s’efforcer de recruter et de retenir davantage de femmes et de personnes ayant un niveau d’éducation élevé. Car, cela semble faciliter l’identification des enfants qui travaillent. Les moniteurs expérimentés doivent être incités à rester plus longtemps en poste.

Dans quelle mesure les systèmes sont-ils efficaces pour maintenir les enfants en dehors du travail des enfants ?

Une fois qu’un enfant est identifié, lui apporter un soutien ne signifie pas automatiquement qu’il cesse de travailler. Des enfants différents ont besoin de différents types de soutien en fonction des causes. Les résultats montrent que certains enfants sont plus difficiles à maintenir hors du travail des enfants que d’autres. De nombreux enfants entrent et sortent du travail des enfants au fil du temps. Ce qui souligne l’importance de continuer à les suivre et de répondre à l’évolution de leurs besoins.

Les Systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants fournissent une gamme de soutien aux enfants, aux familles et aux communautés. ICI a analysé les données des visites de suivi des enfants qui ont été identifiés dans le travail des enfants et qui ont reçu un soutien en Côte d’Ivoire, pour comprendre l’efficacité de ces systèmes à maintenir les enfants hors du travail des enfants et à améliorer l’accès à l’école :

  • Dans l’ensemble, les résultats montrent que les activités de remédiation fournies par les systèmes sont efficaces pour protéger les enfants des travaux dangereux. Plus de la moitié des enfants (54%) ont déclaré ne pas effectuer de tâches dangereuses lors de l’une des visites de suivi.
  • • Il convient d’effectuer plusieurs visites de suivi pour s’assurer qu’un enfant a cessé d’effectuer des travaux dangereux après avoir reçu un soutien. Car, de nombreux enfants reprennent ensuite une forme de travail. Environ 29% des enfants ont déclaré ne pas effectuer de travaux dangereux lors de deux visites de suivi consécutives. ICI recommande de suivre les progrès des enfants jusqu’à ce qu’ils aient déclaré ne pas effectuer de travail dangereux pendant au moins deux visites de suivi consécutives, avec un intervalle minimum de trois mois entre les visites. Une fois qu’un enfant n’est plus engagé dans des tâches dangereuses, sa situation doit continuer à être suivie dans le cadre du SSRTE pour s’assurer qu’elle reste stable.
  • Les garçons, les enfants plus âgés, ceux qui ne sont pas scolarisés et ceux qui ne vivent pas avec un parent biologique courent un plus grand risque de participer au travail des enfants et sont plus difficiles à maintenir hors du travail des enfants. Des efforts supplémentaires doivent être faits pour soutenir ces enfants.

Il est difficile de comparer l’efficacité des différents types de soutien à la remédiation, car les enfants se voient attribuer une remédiation en fonction de leurs différentes situations et besoins particuliers. Cependant, les résultats descriptifs suggèrent que :

  • Les interventions visant à améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de celle-ci (comme la fourniture de kits scolaires, la rénovation des infrastructures éducatives et les classes passerelles pour les enfants non scolarisés) sont des stratégies particulièrement prometteuses pour lutter contre le travail des enfants.
  • Les kits et les uniformes scolaires sont des moyens efficaces pour aider les enfants non scolarisés à réintégrer le système éducatif. Les certificats de naissance, le soutien scolaire, les classes passerelles, le tutorat et la sensibilisation sont sensiblement plus efficaces pour les filles que pour les garçons, tandis que les soutiens scolaires sont plus efficaces pour les enfants plus jeunes.

“A ICI, la mise à l’échelle des systèmes de suivi et de remédiation du travail des enfants est un élément essentiel de notre stratégie à long terme, pour lutter contre le travail des enfants et protéger les enfants. Ce rapport est important car, il fournit des indications précieuses sur les bonnes pratiques qui peuvent aider à améliorer la performance et l’efficacité de ces systèmes, leur permettant d’être plus rapidement étendus pour soutenir plus d’enfants », a déclaré Nick Weatherill, Directeur Exécutif de ICI. « Cette étude n’aurait pas été possible sans les contributions de tous les spécialistes qui ont partagé leurs idées et leurs expériences pour faire progresser notre apprentissage collectif sur ce qui fonctionne le mieux pour identifier, prévenir et traiter le travail des enfants. »

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